Parc de la Vallée-aux-loups La maison de Chateaubriand

« Je les connais tous par leurs noms, comme mes enfants, écrivait Chateaubriand de ses arbres : c'est ma famille, je n'en ai pas d'autre » (Mémoires d'outre-tombe).

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Indissociable de la Maison de Chateaubriand, le parc de 10,7 hectares qui l’entoure offre une diversité paysagère associant parc romantique, prairie et sous-bois préservés.

 

 

 

L’écrivain porta une attention toute particulière à son parc et planta lui-même des espèces parfois rares lui rappelant ses souvenirs de voyage : cèdre du Liban, platane de Grèce, cyprès chauve de Louisiane, tulipier, catalpa, magnolia, hêtre pourpre, etc. « J’allais muni d’une paire de sabots, écrit-il dans les Mémoires d’outre-tombe, planter mes arbres dans la boue, passer et repasser dans les mêmes allées, me cacher partout où il y avait une broussaille, me représentant ce que serait mon parc dans l’avenir ».

 

 

 

Il fit appel aux pépiniéristes Cels et Noisette, mais aussi à ses amis (Mme de Duras, Natalie de Noailles, Humboldt) pour enrichir son parc selon ses souhaits. Il reçut également de l’Impératrice Joséphine un magnolia à fleurs pourpres, « le seul qu'il y eût alors en France après celui qui lui restait à Malmaison », écrit Céleste de Chateaubriand dans ses Cahiers.

 

C’est dans le parc également que se trouve la Tour Velléda, où Chateaubriand installa son bureau et sa bibliothèque.

 

 

C'est donc un parc chargé d'histoire, mémoire d'un homme et d'une œuvre littéraire, que l'on découvre à la Maison de Chateaubriand.

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      "Chateaubriand n'avait premièrement pas l'intention d'écrire ses mémoires, comme il le signale dans le premier livre des "Mémoires de ma vie", mais c'est lors d'une promenade au parc de Montboissier en 1817 qu'il entend le chant d'une grive, ce qui lui rappellera toute son enfance et le poussera à se mettre à l'ouvrage."


       [...]Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d'automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d'un fourré, je m'arrêtai pour regarder le soleil : il s'enfonçait dans des nuages au-dessus de la tour d'Alluye, d'où Gabrielle, habitante de cette tour, avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cents ans. Que sont devenus Henri et Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiés.


      Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d'une grive perchée sur la plus haute branche d'un bouleau. A l'instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel. J'oubliai les catastrophes dont je venais d'être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive. Quand je l'écoutais alors, j'étais triste de même qu'aujourd'hui. Mais cette première tristesse était celle qui naît d'un désir vague de bonheur, lorsqu'on est sans expérience ; la tristesse que j'éprouve actuellement vient de la connaissance des choses appréciées et jugées. Le chant de l'oiseau dans les bois de Combourg m'entretenait d'une félicité que je croyais atteindre ; le même chant dans le parc de Montboissier me rappelait des jours perdus à la poursuite de cette félicité insaisissable. Je n'ai plus rien à apprendre, j'ai marché plus vite qu'un autre, et j'ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m'entraînent ; je n'ai pas même la certitude de pouvoir achever ces Mémoires. Dans combien de lieux ai-je déjà commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Mettons à profit le peu d'instants qui me restent ; hâtons-nous de peindre ma jeunesse, tandis que j'y touche encore : le navigateur, abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne et qui va bientôt disparaître.[...]

Les Mémoires d'Outre-Tombe- Chateaubriand

 

Merci à Brigitte pour les photographies :-)

 

 

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