Qu'est-ce que le ZEN ?

Qu'est-ce que le zen ?

    Le zen est une voie d’authenticité et d’éveil née de l’expérience du Bouddha Shâkyamuni.

    Cet homme que l’on appelait également Gautama vivait dans l’Inde du Nord quelques siècles avant Jésus-Christ. De la caste des guerriers, il appartenait au clan des Shâkya. On le disait promis à un destin de roi. Une nuit pourtant, touché par la détresse du monde, il quitta son palais et devint un ascète errant. Après six années de macérations, renonçant à ses austérités, il rassembla des herbes et s’en fit un siège. Il s’assit droit, les jambes croisées dans la posture du lotus. Après une nuit de méditation, comme il contemplait l’étoile du matin qui pâlissait dans le ciel, le Réel lui apparut clairement. Il s’exclama alors : "Moi et tous les êtres sur la Terre entière avons simultanément réalisé l’éveil." Il était devenu le Mahâmuni, "le Grand Sage", ou plus communément le Shâkyamuni, "le Sage des Shâkya". Il se leva et enseigna aux hommes pendant quarante-cinq ans.

    Comme des pétales qui s'ouvrentLe zen, en tant qu’école indépendante, apparaît en Chine vers les sixième et septième siècle après Jésus-Christ et s'inscrit dans le courant dit du Grand Véhicule. Deux ou trois siècles auparavant, un mystérieux moine indien, le fantasque Bodhidharma se serait retiré dans une grotte à Shaolin et aurait apporté, dit-on, la fleur du zen dans ces terres orientales. Un poème lui est attribué :

        Originellement, je suis venu sur cette terre
        Pour transmettre l’enseignement et sauver les égarés.
        Une fleur s'ouvre en cinq pétales,
        Et le fruit mûrit naturellement.


    Cinq écoles zen fleurirent effectivement en Chine aux époques Tang (618-907) puis Song (960-1127). Les écoles Linji et Caodong, Rinzai et Sôtô dans la prononciation japonaise, sont les plus connues. Le zen se transmit ensuite dans tous les pays d’influence chinoise, en Corée, au Viet-Nâm et même au Tibet. Comme quelques autres moines japonais, Dôgen (1200-1253) visita les grands monastères de la côte Est de la Chine et ramena à son tour les graines du zen dans son propre pays. Quelques générations après, le zen devenait l'une des principales écoles bouddhistes du Japon.

    Le zen n’est ni une gymnastique ni une technique de bien-être. Pour celui qui s’engage dans cette voie, il s’agit de vivre totalement, avec son corps et son esprit, de s'engager à prendre soin de soi comme de son prochain, d'affronter également ses propres peurs et ses névroses.

    Si l’on s’en tient à une formule classique, la pratique du zen consiste à "résoudre la grande affaire de la vie et de la mort" (Sûtra du Lotus). Nous sommes tous confrontés aux questions fondamentales : celles de la souffrance, de la détresse et de la mort, la nôtre comme celle d’autrui. Le bouddhisme prend à bras le corps ces affaires-là, celles qui nous taraudent vraiment. Pour vivre avec douceur et éveil.

    L’expérience du zen repose sur l’approfondissement conjoint d’une méditation, d’une intelligence et d’une discipline (qui correspondent aux termes sanskrits dhyâna, prajñâ et sîla).

    Enseigner le silence intérieur, faire taire les luttes et les conflits étaient le grand dessein du Bouddha pour les hommes. La méditation est la pratique de ce silence. Le Bouddha Shâkyamuni s’est exclamé : "Moi et tous les êtres sur la Terre entière avons simultanément réalisé l'éveil." Cela signifie que le monde entier, nous-mêmes, sommes originellement en paix. Pratiquer la méditation, c’est réaliser et vivre cette paix.

    Mystérieusement, la méditation n’apporte rien et pourtant elle change tout. Bouleversé par la découverte de cette paix, on réinvestit chacun de ses gestes avec intelligence. Une tendresse, une bonté et une beauté s'en dégagent naturellement. L’éthique, un mot pour exprimer toute la justesse de nos actes, manifeste cette intelligence. Elle s'accomplit totalement dans l’amour et la compassion. Son éthique est celle du bodhisattva : ne pas faire le mal, faire le bien et aider autrui. Des principes simples et pourtant si difficiles à pratiquer...

    Les graines du zen ont déjà été semées en Occident depuis une quarantaine d’années. De nombreuses fleurs se sont ouvertes depuis. À nous de les cueillir.

 

http://jj-tryskel.hautetfort.com/media/02/01/2942008671.jpg

 

http://www.zen-occidental.net/whatiszen.html

 


 

Supplique d'un enfant à ses enseignants- Jacques SALOME-

 

 Robert Doisneau

 

Supplique d'un enfant à ses enseignants

 

Apprenez-nous l'enthousiasme,
Enseignez-nous l'étonnement de découvrir
N'apportez pas seulement vos réponses,
Réveillez nos questions,
Accueillez surtout nos interrogations,
Appelez-nous à respecter la vie.
Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer,
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun,
N'apportez pas seulement votre savoir,
Réveillez notre faim d'être,
Accueillez nos contractions et nos tâtonnements,
Appelez-nous à agrandir la vie.
Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes,
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l'indicible,
N'apportez pas seulement votre savoir-faire,
Réveillez en nous le goût de l'engagement,
Accueillez notre créativité pour baliser un devoir,
Appelez-nous à enrichir la vie.
Apprenez-nous la rencontre avec le monde,
Enseignez-nous la rencontre avec le monde,
Enseignez-nous à entendre au-delà des apparences,
N'apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérité,
Éveillez en nous la quête de sens,
Accueillez nos errances et nos maladresses,
Appelez-nous à entrer dans une vie plus ardente,
Il y a urgence vitale.
.

JACQUES  SALOME

 

 

Les parents écrivent aux enseignants de Patrice Romain-Editions Michel LAFON-

http://1.bp.blogspot.com/-IVutIXAXAnY/UJuSRkflMtI/AAAAAAAACzM/SAGdpv-PrIc/s1600/Mots+d%27excuse.jpg

 

 

Revendicatif

«William n'est pas venu à l'école hier parce qu'il a fait grève. Chacun son tour.»

Curieux

«Monsieur, Sans indiscrétion, est-ce vrai ce qu’on raconte au sujet de la maîtresse des CE1B comme quoi elle va divorcer? Merci et excusez-moi pour ma curiosité, qui est bienveillante, rassurez-vous.»

Moralisateur

«Madame, vous allez me dire que cela ne me regarde pas, mais, en tant que maman, je trouve vos tenues bien provocantes pour un professeur chargé d'éduquer nos enfants. Même si vous êtes jeune et plutôt bien faite de votre personne, d'après les dires de certains pères d'élèves, n'oubliez pas que vous avez dans votre classe des garçons qui entrent dans l'adolescence, avec tout ce que ça implique au niveau des hormones. Je vous prie de croire, Madame, en mes salutations les plus respectueuses.»

Impuissant

«Monsieur, je suis au courant de l'absence de mon enfant, mais je ne trouve pas d'excuse à vous fournir. Que voulez-vous que j'y fasse? Cordiales salutations.»

Malchanceux

«Madame, je certifie que Christophe avait bien fait son DM [devoir à la maison] à rendre pour aujourd'hui, mais nous nous sommes fait cambrioler ce week-end et il a disparu avec le reste. Respectueusement.»

Indigné

«Madame. Il paraît qu'à la cantine les surveillants obligent Joris à finir son assiette même si c'est dégueulasse! On n'est pas à Koh-lanta quand même! Pouvez vous faire jouer de votre autorité, svp?»

Rebelle

«Madame, je note encore une punition injustifiée pour Tristan. On va voir qui va se lasser le premier: lui de vos punitions injustes ou vous de ses bêtises imaginaires. Mais maintenant, c'est moi qui vais décider s'il les fera ou pas. À bientôt.»

Débordé

«Madame, le soir je rentre du travail et je fais la cuisine et la vaisselle et après c'est le film. Quand est-ce que vous voulez que je fasse les devoirs à Bruno? Salutations distinguées.»

Bordélique

«Madame, Je m’excuse pour le retard a Tatiana parce qu’hier matin avec les gosses qui gueulaient et le chien qui dégueulait c’était carrément le bordel a la maison.»

L'excuse "gender". "Madame, veuillez excuser le retard de Thomas, mais hier, c'est mon mari qui l'a emmené à l'école et il s'est perdu."

L'excuse cinéphile. "Madame, le soir je rentre du travail et je fais la cuisine et la vaisselle et après c'est le film. Quand est-ce-que vous voulez que je fasse les devoirs à Bruno ? Salutations distinguées".

L'excuse "on assume tout". "Excusez le retard de Léo, c'est moi qui lui ai interdit de mettre son réveil, parce que ça nous réveille".

Vexé comme un pou. "Monsieur, je vous signale que ma fille n'a pas de lentes, c'est juste des paillettes du réveillon."

Ose !"Monsieur, mon fils ne fera pas sa punition car il est innocent et je le crois. Oseriez-vous affirmer par écrit qu'il est coupable ? Salutations distinguées."

Un matin comme un autre."Monsieur, je vous résume notre lever de ce matin : bol de chocolat chaud renversé, panique, aquarium qui tombe, poisson rouge en apnée, cris, aboiements, pleurs, serpillères, et donc retard. Désolée, avec toutes nos excuses".

Juste une mise au point."Monsieur, je vous remercie de bien vouloir confirmer à la dénommée Cécile que je ne suis ni une prostituée, ni une fille facile, comme elle a tendance à le dire à ma fille. Salutations distinguées."

Dans la "famille prétentieux", je voudrais…"Vous voulez que j'achète la photo de classe de ma fille ? Non mais vous avez vu la tête des autres ? Alors c'est non merci ! Cordialement."

Des parents prévoyants."Madame, pouvez-vous me dire si vous serez là l'année prochaine ? C'est pour savoir si j'inscris mon fils dans le privé ? Salutations."

Signature sous condition."Je refuse de signer la note de Thomas. Il m'a dit qu'il devrait avoir la moyenne. Merci de bien vouloir corriger la note pour que je la signe."

 

http://media.terrafemina.net/fichespratiques/main/1720.jpg

 

 

Amour et infidélité...

Bien sûr trouvé sur l'excellent blog de Jean-Pierre Hamel ...

 

http://citationdujour.blogspot.fr/

 

http://www.lyonfemmes.com/uploads/Infidelite_75_des_amoureux_volages_sont_fideles_a_leur_couple__1381759198.jpg

 

 

 

 

Citation du 31 août 2014

 

L’amour est une infidélité envers soi-même.

Stéphane Mallarmé

 
Autrement dit : l’amour de soi est le premier et le plus grand amour. L’amour porté à autrui est détourné de son objet le plus légitime : nous-mêmes. C’est presque « du La Rochefoucauld ».
Admettons. Restent deux questions :
            1 – En s’aimant soi-même, qu’aime-t-on ?
            2 – En aimant quelqu’un d’autre est-on nécessairement infidèle à l’amour qu’on se porte ?
Commençons par le plus facile : on peut être fidèle à soi-même en aimant autrui contrairement à ce que dit notre poète. Et ça de plusieurs façons :
            - soit en aimant quelqu’un qui nous admire sans restriction : un(e) groupie.
            - soit en trouvant dans l’autre un reflet exact de ce que nous sommes. Ou si cela est impensable, quelqu’un qui prolonge ou qui annonce notre propre personne. Simone de Beauvoir disait dans les Mémoires d’une jeune fille rangée qu’elle avait trouvé en Sartre ses propres passions portées à l’incandescence.
            - soit en devenant ce qu’on veut être, au-delà de ce qu’on pourrait si on restait seul, en suivant, dans cette personne que nous aimons, notre inaccessible étoile. Souvent ce rôle est attribué à l’égérie de l’artiste.
o-o-o
On peut alors tenter un début de réponse à notre première question : En s’aimant soi-même, qu’aime-t-on ?
On devine en effet qu’il y a deux sortes d’amour de soi :
            - L’un qui est du narcissisme pur et simple. La groupie fait alors très bien l’affaire, et sa présence ne porte pas ombrage à cet amour égoïste de soi – bien au contraire. (1)
            - L’autre consiste à estimer que l’on ne peut être sans la personne que l’on aime.
Il ne s’agit pas du tout de dire que l’on forme un « être-à-deux » mais bien que c’est en prenant appui sur l’autre qu’on pourra se hisser vers soi-même. Même si l’exercice parait un peu curieux, c’est bien de cette façon que peuvent se décrire les choses.
--------------------------------------------------
(1) On évoque souvent le sort funeste d’Alma Mahler qui sacrifia sa carrière de compositrice par amour pour son mari, Gustav Mahler. « En épousant Mahler, il est convenu qu'elle doit abandonner ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture. » lit-on dans l’article que Wiki lui consacre.
 

Citation du 1er septembre 2014

 


… l’amour, peut naître […] de l'opinion. [Dans ce cas], il est certain que l'homme, lorsqu’il voit ou croit voir quelque chose de bon, tend à s'unir à cet objet ; et, en raison du bien qu’il y remarque, il le choisit comme le meilleur de tous, et en dehors de lui il ne voit rien de préférable ni de plus séduisant. Mais s'il arrive, comme cela est fréquent, qu’il rencontre un autre bien qui lui paraisse meilleur que le précédent, alors son amour se tourne sur l'heure du premier vers le second…

 
L’infidélité
 
Il y a deux expériences différentes de l’infidélité : soit on est victime de l’infidélité de notre conjoint(e) ; soit on est soi-même infidèle.
Le mieux, c’est le second cas : Spinoza nous dit que l’amour étant lié à l’évaluation comparative de l’être aimé, dès que nous trouvons une compagne qui nous conviendrait mieux c’est tout naturellement que nous nous tournons vers elle, délaissant la première. Le Président Hollande n’a pas été blâmé d’avoir délaissé sa concubine pour une actrice de cinéma, mais seulement d’avoir pris des risques inconsidérés pour aller la retrouver.
… Evidemment, c’est lorsque nous sommes nous-mêmes victimes et non acteurs de l’infidélité que nous en souffrons.
Mais : n’oublions pas que selon Spinoza nous sommes ici dans l’amour d’opinion et non de l’amour né des idées vraies, forme d’amour que nous réservons à Dieu (1). L’amour d’opinion étant lié à la passion, c’est-à-dire au bien que nous procure un être dans l’instant où nous éprouvons de l’amour pour lui – et réciproquement. Donc, ne nous étonnons pas s’il est volage.
o-o-o
- Dis-moi, Roger : dis-moi que tu m’aimeras toujours !
- Oh ! ma Lucette, je t’aime de toute mon âme. Mais si je trouve mieux que toi un jour, c’est cette femme-là que j’aimerai totalement.
- Salaud ! Tu n’es bien qu’un porc !
- Ne te fâche pas, Lucette ! Ça ne voudrait pas dire que tu serais moins belle ou moins désirable qu’avant. Ça veut seulement dire que mon désir pour toi s’est éteint. Et tu sais, le désir, ce n’est pas grand-chose…
D’ailleurs,  toi-même ma Lucette, tu dis que tu m’aimes, parce que tu crois que je suis le plus beau, le plus fort etc… mais si tu rencontrais là, maintenant, sur ton chemin ton acteur de ciné préféré, est-ce que tu ne me planterais pas illico ?
Car, à part Dieu, qui donc peut-on aimer d’une connaissance vraie ?
---------------------------------------------------------
(1) Spinoza précise : « Nous ne parlons pas ici de l'amour,, ou de la connaissance claire, parce qu’il ne doit rien à l'opinion. (Voy. plus loin, chap. XXII). »
 
 

Citation du 2 septembre 2014

 

L'amour comporte une mutualité de sentiments, une certitude de jouissances que rien n'altère, et un trop constant échange de plaisirs, une trop complète adhérence entre les cœurs pour ne pas exclure la jalousie. La possession est alors un moyen et non un but ; une infidélité fait souffrir, mais ne détache pas
 
Honoré de Balzac – La Duchesse de Langeais
 
L’infidélité(suite)
 
Ohé, les cœurs brisés ! Ce message est pour vous. Votre bonne amie vous a plaqué pour partir avec un godelureau minable, et du coup vous vous sentez encore plus minable que lui.
Lisez Balzac, vous serez consolés.
On a dit hier avec Spinoza que l’amour-passion était le lieu de plein de déconvenues, et que l’amour vérité bien plus authentique ne nous était pas accessible (1).
Mais consolez-vous : Balzac vient nous l’affirmer : contrairement à ce que prétend Spinoza, l’amour peut exister en dehors de la passion et il nous est accessible : c’est l’amour-fusion, non seulement avec l’être aimé, mais aussi avec la nature, le monde, l’univers.
Si donc vous avez été plaqué par une belle infidèle, dites vous que cet amour n’était pas le beau, le grand, le vrai amour.
Comment reconnaitre l’amour véritable alors ? Très simple : l’amour est ce qui résiste à la désespérance.
o-o-o
J’avoue que je ne m’amuse pas à paraphraser Balzac : la vérité est que je n’arrive pas à dire mieux que lui.
Je vous laisse donc avec son texte – Bonne lecture !
« L'amour et la passion sont deux différents états de l'âme que poètes et gens du monde, philosophes et niais confondent continuellement. L'amour comporte une mutualité de sentiments, une certitude de jouissances que rien n'altère, et un trop constant échange de plaisirs, une trop complète adhérence entre les cœurs pour ne pas exclure la jalousie. La possession est alors un moyen et non un but ; une infidélité fait souffrir, mais ne détache pas ; l'âme n'est ni plus ni moins ardente ou troublée, elle est incessamment heureuse ; enfin le désir étendu par un souffle divin d'un bout à l'autre sur l'immensité du temps nous le teint d'une même couleur : la vie est bleue comme l'est un ciel pur. La passion est le pressentiment de l'amour et de son infini auquel aspirent toutes les âmes souffrantes. La passion est un espoir qui peut-être sera trompé. Passion signifie à la fois souffrance et transition ; la passion cesse quand l'espérance est morte. » Honoré de Balzac – La Duchesse de Langeais
 
...
 
 
 

Mentir...

 

Aimer, c'est de ne mentir plus.

 

Aimer, c'est de ne mentir plus.

Nulle ruse, n'est nécessaire

Quand le bras chaleureux enserre

Le corps fuyant qui nous a plu.

 

— Crois à ma voix qui rêve et chante

Et qui construit ton paradis.

Saurais-tu que je suis méchante

Si je ne te l'avais pas dit ?

 

— Faiblement méchante, en pensée,

Et pour retrouver par moment

Cette solitude sensée

Que j'ai reniée en t'aimant !

 

Anna de Noailles.

 

anna-de-noailles-paris-le-6-novembre-1976-fdc-1er-jour-ref-010-100-philatelie-866819579_ML

 

 

Nous faisons des projets comme si nous allions vivre éternellement. Nous pensons que nos efforts peuvent rivaliser avec les Montagnes mais nous ne faisons que nous mentir - nous ne valons rien et le monde ne changera jamais.

David Gemmell

 

Il faut mentir pour être cru.

Louis Dumur

 

Il y a deux manières de mentir. On peut inventer. On peut dire aussi la vérité en passant, d'une voix menue, comme une chose parmi tant d'autres sans importance. C'est la plus élégante façon de mentir.

Christian Bobin

 

- Le meilleur moyen de mentir est encore de se taire. - Oh, le silence trompe aussi son monde...

Henri Jeanson

 

L'amour commence quand on n'a plus besoin ni envie de mentir.

Robert Poulet

 

Les enfants, c'est pas vraiment méchant ; ça peut mal faire ou faire mal de temps en temps ; ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler ; au fond, ça peut faire tout ce qu'on leur apprend.

Paul Piché

 

"Ne pas mentir" : c'est une défense qu'on ne fait qu'aux enfants. On ne demande jamais aux adultes de ne pas mentir.

Henry De Montherlant

 

Trouvée sur le net...

 

 

 

 

Florilège de quelques citations de Monsieur Frédéric Dard 1/3

http://static.skynetblogs.be/media/62537/1377476_507589085998031_985065148_n-thumb.png

 

Sa femme est encore bien pour mon âge.

 

Les deux hommes sont de la même mère, mais pas de la même paire.

 

Le futur n'est autre que du présent qui se précipite à notre rencontre.

 

La larme est la goutte d'eau qui fait déborder l'âme.

 

Il vaut mieux souffrir d'une absence que d'une présence.

 

Il n'est pas absolument nécessaire d'être con pour vivre parmi les cons. J'ai essayé, on peut!

 

Ecoutez-moi, Monsieur Shakespeare: Nous avons beau être ou ne pas être, nous sommes!

 

C'est rarissime, quelqu'un qui ne vous en veut pas des saloperies qu'il vous a faites.

 

Un mariage est soit une corne d'abondance, soit une abondance de cornes.

 

C'est à la culotte de ses filles qu'on juge un pays.

 

C'est à se demander à quel âge il faut les prendre les femmes si on veut s'assurer la priorité. Le mieux c'est de les adopter à l'âge de deux mois et d'aller les élever au sommet de l'Everest.

 

Une femme aux cheveux châtains est une blonde modeste.

 

Frédéric Dard (né Frédéric Charles Antoine Dard le 29 juin 1921 à Jallieu (Isère), France – 6 juin 2000 à Bonnefontaine, Fribourg, Suisse) était un écrivain principalement connu – dans une production extrêmement abondante – pour les aventures du commissaire San-Antonio, souvent aidé de son adjoint Bérurier, dont il a écrit cent soixante-quinze aventures depuis 1949. Parallèlement aux San-Antonio (l'un des plus gros succès de l'édition française d'après-guerre), Frédéric Dard a produit sous son nom ou sous de nombreux pseudonymes des romans noirs, des ouvrages de suspense psychologique, des « grands romans », des nouvelles, ainsi qu'une multitude d'articles. Débordant d'activité, il fut également auteur dramatique, scénariste et dialoguiste de films. Selon ses dernières volontés, Frédéric Dard a été enterré dans le cimetière de Saint-Chef, en Isère, village où il avait passé une partie de son enfance et où il aimait se ressourcer. Un musée y est en partie consacré à son œuvre. ( Source Wikipédia)

 

 

 

La Gloire de mon père- Extrait: Le courrier- Marcel Pagnol-

http://www.citations.co/citations-upload/Marcel%20Pagnol-2529975.png

 

[...]Un jour en rentrant de l’école à midi, le petit Paul, penché sur la rampe, cria dans l’escalier sonore :

« On t’a écrit une lettre à la poste ! Il y a un timbre dessus ! »

J’escaladai les marches deux à deux, et la rampe vibrante sonna comme un harpe de bronze.

Sur la table, près de mon assiette, une enveloppe jaune portait mon nom, tracé en lettres inégales sur une ligne retombante.

« Je parie, dit mon père, que ce sont des nouvelles de ton ami Lili. »

Je n’arrivai pas à ouvrir l’enveloppe, dont je déchirai tour à tour les quatre coins : mon père la prit, et de la pointe d’un couteau, en découpa le bord avec une habileté de chirurgien.

Il en tomba d’abord une feuille de sauge et une violette séchée.

Sur trois feuilles d’un cahier d’écolier, avec une grosse écriture, dont les lignes ondulantes contournaient des taches d’encre, Lili me parlait.

Il ne fut pas facile de déchiffrer cette écriture que l’orthographe n’éclairait guère. Mais mon père, grand spécialiste, y parvint après quelques tâtonnements. Il dit ensuite :

« Il est heureux qu’il lui reste trois ans pour préparer le certificat d’étude ! »

Puis il ajouta en regardant ma mère :

« Cet enfant a du cœur, et une vraie délicatesse. »

 

Le lendemain, en sortant de l’école, j’allai au bureau de tabac, et j’achetai une très belle feuille de papier à lettre. Elle était décorée, en haut à gauche, par une hirondelle imprimée en relief, qui tenait dans son bec un télégramme.

Dans l’après-midi du jeudi, je composai longuement le brouillon de ma réponse.

Je relus deux fois ma prose, et j’y apportai quelques corrections de détail ; puis armé d’une plume neuve, je la recopiai, un buvard sous la main et la langue entre les dents.

Ma calligraphie fut soignée, et mon orthographe parfaite, car je vérifiai, au moyen du Petit Larousse, quelques mots douteux. Le soir, je montrai mon ouvrage à mon père : il me fit ajouter quelques s, et barrer un t inutile, mais il me félicita, et déclara que c’était une belle lettre, ce qui remplit d’orgueil mon cher petit Paul.

 

Le soir, dans mon lit, je relus le message de Lili, et son orthographe me parut si comique que je ne pus m’empêcher d’en rire… Mais je compris tout à coup que tant d’erreurs et de maladresses étaient le résultat de longues heures d’application, et d’un très grand effort d’amitié : alors, je me levai sans bruit sur mes pieds nus, j’allumai la lampe à pétrole, et j’apportai ma propre lettre, mon cahier et mon encrier sur la table de la cuisine.

 

Je commençai par arracher d’un coup sec, trois pages du cahier : j’obtins ainsi les dentelures irrégulières que je désirais. Alors, avec une vieille plume, je recopiai ma trop belle lettre. Je supprimai au passage, les s paternels ; j’ajoutai quelques fautes d’orthographe, que je choisis parmi les siennes : les perdrots, batistin, la glue et le dézastre. Enfin, je pris soin d’émailler mon texte de quelques majuscules inopinées. Ce travail délicat dura deux heures, et je sentis que le sommeil me gagnait… Pourtant, je relus sa lettre, puis la mienne. Il me sembla que c’était bien, mais qu’il manquait encore quelque chose : alors, avec le manche de mon porte-plume, je puisai une grosse goutte d’encre, et sur mon élégante signature, je laissai tomber cette larme noire : elle éclata comme un soleil.[...]

 

http://www.frontrowreviews.co.uk/wordpress/wp-content/uploads/2012/11/Lili-Marcel.jpeg

Image du film la Gloire de mon père

 

La Gloire de mon père


Roman autobiographique de Marcel Pagnol (1957).


Cette oeuvre précède, dans le cycle des Souvenirs d'enfance, le Château de ma mère (1958) et le Temps des secrets (1960). Chronique de l'enfance de l'auteur, elle évoque sa famille en une galerie de personnages attachants : l'oncle Jules, la mère, Augustine... Le père, instituteur et amateur de chasse, est la figure centrale du livre. On apprend à connaître le jeune Marcel à travers quelques épisodes de sa jeunesse provençale. La Provence du début du siècle est pour l'enfant le décor d'une initiation émerveillée à l'existence. Marcel se retrouve confronté à la rude beauté de la nature. Théâtre de toutes les aventures, la garrigue est sa complice. L'ensemble de souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol est rédigé dans un style sobre et émouvant. Yves Robert a adapté la Gloire de mon père au cinéma en 1990.

 

 

 

 

Le trésor de la petite fille- Jacques Salomé-

 
 

Le trésor de la petite fille

 

 

Quand l’amour et la tendresse se partagent dans l’abandon et la confiance, ils peuvent s’agrandir jusqu’aux rires du soleil.

Il était une fois une petite fille qui avait trouvé un trésor. Oh ! pas un trésor ordinaire, comme il y en a beaucoup si on cherche un peu, mais un trésor unique, très recherché et rarement trouvé.

Vous allez me dire que tous les trésors sont recherchés. C’est vrai, mais il est des trésors particulièrement rares. Des trésors que même l’imagination la plus fertile n’a pas osé inventer.

Ainsi par exemple, qui aurait pu imaginer qu’un sac de baisers inépuisable se trouvait là, juste à l’endroit où la petite fille un soir l’avait trouvé ?

Dans quel endroit ? Mais dans le cœur, tout près de la tendresse et de la passion d’être d’une petite fille tout étonnée de sentir, un matin, ce trésor en elle.

Le jour où elle fit cette découverte, elle fut transportée par une grande joie, si vivante qu’elle aurait pu se croire immortelle.

Elle se sentait généreuse et se voyait immensément donnante. Pensez donc, un sac de baisers inépuisables ! Des baisers qui peuvent se renouveler sans cesse. L’un appelant l’autre, l’autre donnant le goût du suivant, le suivant se précipitant pour s’offrir et ouvrir ainsi plus d’espace à tous les baisers à naître, lesquels se bousculaient les uns derrière les autres, impatients d’exister. Je vous vois songeur.

Oui, il faudrait que je vous parle quand même un peu de la vie d’un baiser. Pour cela j’ai besoin de choisir mes mots.

 

Qu’est-ce qu’un baiser ?

Un souffle, une douceur légèrement humide,

la palpitation de deux lèvres,

un élan de tendresse ou d’amour déposé au coin d’une joue,

d’une lèvre ou même sur tout le corps de l’autre.

Un instant arrêté aussi éphémère que la rosée d’une émotion.

Un baiser, c’est comme le clin d’œil d’une étoile dans l’immensité du cosmos.

C’est bon comme la mie d’un pain doré par l’amour.

 

Aussi la vie d’un baiser est-elle très courte, même si chaque baiser paraît contenir chaque fois une part d’éternité.

C’est pour cela d’ailleurs qu’une vie entière ne suffirait pas pour décrire l’existence d’un baiser.

Entre toutes les ouvertures et les possibles qu’il recèle, un baiser est une tranche d’infini qui va relier deux êtres pour les réconcilier avec le meilleur d’eux-mêmes.

J’ai dit deux êtres ? Oui, car j’arrive au plus difficile.

Un baiser porté, tel un éclat de lumière déposé, doit pour s’accomplir être reçu, amplifié.

Je ne sais si je peux continuer à vous décrire tant de béatitudes, car déjà vous pouvez imaginer tous les drames, toutes les déceptions et les frustrations au-delà des émerveillements possibles, quand vous passez à côté d’un baiser.

La petite fille avait donc trouvé un sac de baisers inépuisable, certes, mais qui peut accueillir l’inépuisable ? Qui peut accueillir, s’ouvrir, s’agrandir pour recevoir l’abondance, la générosité infinie d’un tel trésor ?

Ce que ne savait pas cette petite fille, c’est qu’elle allait passer une partie de sa vie à rechercher quelqu’un qui aurait aussi découvert en lui un trésor semblable.

Si vous connaissez celui ou celle qui pourrait avoir fait cette découverte, n’hésitez pas, avertissez-la d’urgence.

Mais peut-être allez-vous garder cette découverte pour vous !

Ainsi va le monde. Beaucoup d’entre nous, plus qu’on ne l’imagine, découvrent des trésors, en oubliant que la qualité première d’un trésor est de pouvoir être partagé.

C’est cela le plus difficile. Mais quand on sait qu’un tel trésor s’agrandit en se partageant, peut-être est-ce moins difficile.....

 

Jacques Salomé

 

Oeuvre de Sir Franck Dicksee
 
Sir Frank Bernard Dicksee (1853-1928), est un peintre et illustrateur anglais. Dicksee est surtout connu pour ses tableaux représentant des drames historiques et des scènes légendaires.

 

Christian BOBIN -Une rencontre qui fait du bien- ...

http://uploads8.wikiart.org/images/john-william-waterhouse/the-easy-chair.jpg

The Easy Chair

John William Waterhouse

 

L'extrême sensibilité est la clé qui ouvre toutes les portes mais elle est chauffée à blanc et brûle la main qui la saisit.

 

J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde.

 

La substance inaltérable de l'amour est l'intelligence partagée de la vie.

 

Rencontrer quelqu'un, le rencontrer vraiment - et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -, est une chose infiniment rare.

 

"Ce qu'on apprend dans les livres, c'est-à-dire "je vous aime". Il faut d'abord dire "je". C'est difficile, c'est comme se perdre dans la forêt, loin des chemins, c'est comme sortir de maladie, de la maladie des vies impersonnelles, des vies tuées. Ensuite il faut dire "vous". La souffrance peut aider- la souffrance d'un bonheur, la jalousie, le froid, la candeur d'une saison sur la vitre du sang. Tout peut aider en un sens à dire "vous», tout ce qui manque et qui est là, sous les yeux, dans l'absence abondante. Enfin il faut dire "aime". C'est vers la fin des temps déjà, cela ne peut être dit qu'à condition de ne pas l'être. La dernière lettre est muette, elle s'efface dans le souffle, elle va comme l'air bleu sur la plage, dans la gorge. "Je vous aime." Sujet, verbe, complément. Ce qu'on apprend dans les livres, c'est la grammaire du silence, la leçon de lumière. Il faut du temps pour apprendre. Il faut tellement de temps pour s'atteindre. "

 

Pour qu'une chose soit vraie il faut qu'en plus d'être vraie elle entre dans votre vie.

C'est une chose qui arrive souvent: on peut rester dix ans célibataire dans un mariage. On peut parler des heures sans dire un mot. On peut coucher avec la terre entière et rester vierge.

 

Le plus beau proverbe que je connaisse vient d'Egypte. C'est une injonction : "Ne fais jamais peur à quelqu'un, n'inspire jamais la peur à un autre être humain." Je trouve que c'est une sentence magnifique. Et j'y ajouterai : n'injurie jamais la douleur de l'autre, ne va pas trop vite, ne fais pas l'économie de ce que les autres vivent. Comment pourrais-je vous dire cela ? J'ai de la joie à aller dans les endroits, même les moins éclairés qui soient. Je pense, par exemple, à des hôpitaux ou des maisons de retraite, endroits que je continue de fréquenter. J'ai une joie profonde à traverser les épaisseurs de grisaille, la dureté que le monde met sur certains visages à la fin d'une vie. J'éprouve une joie profonde à enlever tous ces voiles et à voir, soudain, deux yeux qui brûlent dans l'ombre. L'humain est un soleil. La vie, voilà la seule merveille. Et c'est la seule merveille non commercialisable. L'humain est un soleil que l'on peut aller chercher dessous les décombres, dessous la fatigue, dessous les pertes. Il n'y a rien de pire que de perdre un enfant. Rien de pire. C'est connaître et éprouver l'hémorragie de ses propres forces. Oui, la vie est très rude. Mais j'essaie de peindre, de livre en livre, le sourire que je vois sur ces lèvres. Malgré tout. Je connais la perte de qui on aime plus que tout. Et je le redis: la vie est peut-être cent milliards de fois plus belle que nous l'imaginons - ou que nous la vivons.

 

http://s2.lemde.fr/image/2012/10/12/534x0/1774804_5_5402_christian-bobin-pres-de-sa-maison-en_0e4db9e797b6728b0656697740c86431.jpg

 

 

 

 

Marcel PAGNOL

 

La Gloire de mon père, 1957

Marcel PAGNOL

(extrait)

Mon père avait une passion : l’achat des vieilleries chez les brocanteurs.

Chaque mois, lorsqu’il revenait de « toucher son mandat » à la mairie, il rapportait quelques merveilles : une muselière crevée (0 fr 50), un compas diviseur épointé (1 fr 50), un archet de contrebasse (1 fr), une scie de chirurgien (2 fr), une longue-vue de marine où l’on voyait tout à l’envers (1 fr), un couteau à scalper (2 fr), un cor de chasse un peu ovalisé, avec une embouchure de trombone (3 fr), sans parler d’objets mystérieux, dont personne n’avait jamais pu trouver l’usage, et qui traînaient un peu partout dans la maison.

Ces arrivages mensuels étaient, pour Paul et pour moi, une véritable fête. Ma mère ne partageait pas notre enthousiasme.

Elle regardait, stupéfaite, l’arc des îles Fidji, ou l’altimètre de précision, dont l’aiguille, montée un jour à 4 000 mètres (à la suite d’une ascension du mont Blanc, ou d’une chute dans un escalier), n’en voulut jamais redescendre.

Alors, elle disait avec force : « Surtout, que les enfants ne touchent pas à ça ! »
Elle courait à la cuisine, et revenait avec de l’alcool, de l’eau de Javel, des cristaux de soude, et elle frottait longuement ces épaves.

Il faut dire qu’à cette époque les microbes étaient tout neufs, puisque le grand Pasteur venait à peine de les inventer, et elle les imaginait comme de très petits tigres, prêts à nous dévorer par l’intérieur.

Tout en secouant le cor de chasse, qu’elle avait rempli d’eau de Javel, elle disait, d’un air navré

— Je me demande, mon pauvre Joseph, ce que tu veux faire de cette saleté !

Le pauvre Joseph, triomphant, répondait simplement
— Trois francs !

J’ai compris plus tard que ce qu’il achetait, ce n’était pas l’objet : c’était son prix.

— Eh bien, voilà trois francs de gaspillés !

— Mais, ma chérie, si tu voulais fabriquer ce cor de chasse, pense à l’achat du cuivre, pense à l’outillage spécial qu’il te faudrait, pense aux centaines d’heures de travail indispensables pour la mise en forme de ce cuivre.

Ma mère haussait doucement les épaules, et on voyait bien qu’elle n’avait jamais songé à fabriquer ce cor de chasse, ni aucun autre.

Alors mon père, avec condescendance, disait:

Tu ne te rends pas compte que cet instrument, peut-être inutile par lui-même, est une véritable mine ! Réfléchis une seconde : je scie le pavillon, et j’obtiens un cornet acoustique, un porte-voix de marine, un entonnoir, un pavillon de phonographe ; le reste du tube, si je l’enroule en spirale, c’est le serpentin d’un alambic.

Je puis aussi le redresser pour en faire une sarbacane, ou une conduite d’eau, en cuivre, note bien ! Si je le scie en tranches fines, tu as vingt douzaines d’anneaux de rideaux ; si je le perce de cent petits trous, nous avons un collier à douches […]

 

:-) :-) :-)

 


 

 

Auteur : Georges Berni (1913-1998)


Georges Berni, Aubagnais de naissance, a bien connu Marcel Pagnol.
Il l'a suivi au cours de tous ses tournages.

Passionné par l'œuvre de Marcel Pagnol,
il s'est petit à petit créé une amitié entre les deux hommes, respectueux l'un de l'autre.


Il est devenu un biographe incontournable de Marcel Pagnol, un exégète de son œuvre,
recherchant toujours de nouveaux documents, des histoires vraies à raconter,
des interviews auprès des amis de Marcel Pagnol et de tous ceux qui l'avaient côtoyé.
 

Ces documents, ces histoires vraies sont contenus dans cette brochure unique et toujours d'actualité.

 

 

 

Parc de la Vallée-aux-loups La maison de Chateaubriand

« Je les connais tous par leurs noms, comme mes enfants, écrivait Chateaubriand de ses arbres : c'est ma famille, je n'en ai pas d'autre » (Mémoires d'outre-tombe).

http://toutelaculture.com/wp-content/uploads/2013/11/1044713_3020009.jpg

Indissociable de la Maison de Chateaubriand, le parc de 10,7 hectares qui l’entoure offre une diversité paysagère associant parc romantique, prairie et sous-bois préservés.

 

 

 

L’écrivain porta une attention toute particulière à son parc et planta lui-même des espèces parfois rares lui rappelant ses souvenirs de voyage : cèdre du Liban, platane de Grèce, cyprès chauve de Louisiane, tulipier, catalpa, magnolia, hêtre pourpre, etc. « J’allais muni d’une paire de sabots, écrit-il dans les Mémoires d’outre-tombe, planter mes arbres dans la boue, passer et repasser dans les mêmes allées, me cacher partout où il y avait une broussaille, me représentant ce que serait mon parc dans l’avenir ».

 

 

 

Il fit appel aux pépiniéristes Cels et Noisette, mais aussi à ses amis (Mme de Duras, Natalie de Noailles, Humboldt) pour enrichir son parc selon ses souhaits. Il reçut également de l’Impératrice Joséphine un magnolia à fleurs pourpres, « le seul qu'il y eût alors en France après celui qui lui restait à Malmaison », écrit Céleste de Chateaubriand dans ses Cahiers.

 

C’est dans le parc également que se trouve la Tour Velléda, où Chateaubriand installa son bureau et sa bibliothèque.

 

 

C'est donc un parc chargé d'histoire, mémoire d'un homme et d'une œuvre littéraire, que l'on découvre à la Maison de Chateaubriand.

*********************************

 

      "Chateaubriand n'avait premièrement pas l'intention d'écrire ses mémoires, comme il le signale dans le premier livre des "Mémoires de ma vie", mais c'est lors d'une promenade au parc de Montboissier en 1817 qu'il entend le chant d'une grive, ce qui lui rappellera toute son enfance et le poussera à se mettre à l'ouvrage."


       [...]Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d'automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d'un fourré, je m'arrêtai pour regarder le soleil : il s'enfonçait dans des nuages au-dessus de la tour d'Alluye, d'où Gabrielle, habitante de cette tour, avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cents ans. Que sont devenus Henri et Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiés.


      Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d'une grive perchée sur la plus haute branche d'un bouleau. A l'instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel. J'oubliai les catastrophes dont je venais d'être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive. Quand je l'écoutais alors, j'étais triste de même qu'aujourd'hui. Mais cette première tristesse était celle qui naît d'un désir vague de bonheur, lorsqu'on est sans expérience ; la tristesse que j'éprouve actuellement vient de la connaissance des choses appréciées et jugées. Le chant de l'oiseau dans les bois de Combourg m'entretenait d'une félicité que je croyais atteindre ; le même chant dans le parc de Montboissier me rappelait des jours perdus à la poursuite de cette félicité insaisissable. Je n'ai plus rien à apprendre, j'ai marché plus vite qu'un autre, et j'ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m'entraînent ; je n'ai pas même la certitude de pouvoir achever ces Mémoires. Dans combien de lieux ai-je déjà commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Mettons à profit le peu d'instants qui me restent ; hâtons-nous de peindre ma jeunesse, tandis que j'y touche encore : le navigateur, abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne et qui va bientôt disparaître.[...]

Les Mémoires d'Outre-Tombe- Chateaubriand

 

Merci à Brigitte pour les photographies :-)

 

 

Tout le monde est occupé... Christian BOBIN

http://ecx.images-amazon.com/images/I/413WKDRBMYL.jpg

Article trouvé sur le NET

 

Tout le monde est occupé

"Tout le monde est occupé" de Christian BOBINest un conte pour adultes emprunt de poésie, de magie. Nous suivons Ariane, une femme de ménage, dans ses bonheurs amoureux et de maternité, dans sa folie régénératrice et poésie de vie. « Il y a ainsi des gens qui vous délivrent de vous-même – aussi naturellement que peut le faire la vue d’un cerisier en fleur ou d’un chaton jouant à attraper sa queue», Ariane en fait partie. Elle aime et par un geste simple donne son amour, par un attouchement fugace (un baiser) devient enceinte (par poésie et non comme si elle tombait dans une spirale médicalisée ou normée). Autour d’elle déambulent des personnages, avec leur propre façon de vivre, souvent à côté d’eux, elle fait le ménage (mais pas que de la poussière). En choisissant de regarder voler Ariane, légère de bonheur amoureux, et de suivre des yeux ses enfants, c’est une ode à la vie, à l’existence, à l’espièglerie (une certaine forme de folie, oui, oui, une propension à oublier ce que l’on attend de nous).


La spiritualité devient incarnée, la Vierge Marie, de plâtre bleu, change de couleur en fonction de ses émotions et, charnelle, décide de s’occuper aussi d’elle et de partir à travers le monde. La folie, l’amour, l’éducation, l’amitié, les relations de convenance, sont alors passées par un kaléidoscope de couleurs, d’humeurs et de sensations. Loin de suivre le chemin tracé, la norme, loin de reprendre ce que nous sommes dans la vie, Christian BOBIN semble nous dire de vivre, d’exister par nos propres poésies de vie. Un peu de spiritualité chrétienne, oui, mais ce serait être bien étriqué que de ne pas savoir y lire une spiritualité universelle.

Oublions les idées toutes faites, laissons le monde se refaire dans une discussion incessante entre un oiseau et un chat : Rembrandt, le chat, se délecte de théologie facile, Van Gogh, l’oiseau en cage, de philosophie naturelle. « Rembrandt peut rester en arrêt devant une phrase, plusieurs jours de suite. Il en fait son miel et ses délices. Il s’en lèche les babines. » Le style de BOBIN nous amène à nous prendre pour le chat de la maison, une phrase, une image, une idée, un rêve, un échappatoire, une manière irréelle de vivre… et pourquoi donc irréelle ? Pourquoi devrions-nous fantasmer des vies pour nos enfants ? La magie est en eux ! Une Manège, née à la sortie du train fantôme, aux yeux grands ouverts, toujours, sur le monde et ses petits riens qu’elle dessine, dessine, dessine. Un Tambour, passionné de physique et de chimie qui expérimente la vie avec des formules. Une Crevette, désincarnée ou réincarnée par amour de ses proches, au bec de lièvre inexistant par affection de ses proches, danse à deux centimètre au-dessus du sol. Refaire le monde, oublier les bonnes manières, de toutes façons, les « bonnes manières sont des manières tristes», revenir à l’état d’enfant, ne plus "être occupé" par nos préoccupations. Cette magie du tout en devenir, de l’appréhension nouvelle, non conditionnée, du monde : « Manège, quatre mois, fait un premier état des lieux : le monde a goût de lait et de lumière. Le monde rentre par la bouche et par les yeux. » Garder l’humour dont nous dote la vie (Dieu pour Christian BOBIN) à l’état de fœtus : encore ne faut-il pas être né avant terme !


« Il est très difficile de soutenir le regard fixe d’un tout petit – c’est comme si Dieu était en face de vous et vous dévisageait sans pudeur, en prenant tout son temps, un peu étonné de vous voir là. » Ce livre fait un peu le même effet, avec l’envie de vivre et d’exister et pas seulement par un artefact, un être de songe si existant soit-il.

 

♥ ♥ ♥

 

 

Conte de l'Amour et du Temps

http://etresoimeme.unblog.fr/files/2012/12/dyn002_original_375_286_jpeg_2666720_a3952e9f7723dab5ec5d80681ec0ad74.jpg


Il était une fois, une île où tous les différents sentiments vivaient:
le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l'Amour y compris.

Un jour on annonça aux sentiments que l'île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l'Amour resta. L'Amour voulait rester jusqu'au dernier moment. Quand l'île fut sur le point de sombrer, l'Amour décida d'appeler à l'aide.

La Richesse passait à côté de l'Amour dans un luxueux bateau.
L'Amour lui dit, "Richesse, peux-tu m'emmener?"
"Non car il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau. Je n'ai pas de place pour toi."

L'Amour décida alors de demander à l'Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau, "Orgueil, aide moi je t'en prie !"
"Je ne puis t'aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau."

La Tristesse étant à côté, l'Amour lui demanda, "Tristesse, laisse moi venir avec toi.". "Ooh... Amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être seule !"

Le Bonheur passa aussi à côté de l'Amour, mais il était si heureux qu'il n'entendit même pas l'Amour l'appeler !

Soudain, une voix dit, "Viens Amour, je te prends avec moi."
C'était un vieillard qui avait parlé. L'Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu'ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s'en alla. L'Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir "Qui m'a aidé?"
"C'était le Temps" répondit le Savoir.
"Le Temps?" s'interrogea l'Amour. "Mais pourquoi le Temps m'a-t-il aidé?"

Le Savoir sourit plein de sagesse et répondit : "C'est parce que Seul le Temps est capable de comprendre combien l'Amour est important dans la Vie."

 

...

 

 

Le miroir...

http://37.media.tumblr.com/20be7449b9350325de87953eb47fc224/tumblr_n1oax9bTCj1soqrhbo1_1280.jpg

Oeuvre Alfred Stevens

 

Un jour, dans un village reculé d’entre les montagnes d’orient, un homme a trouvé un petit miroir qu’un colporteur devait sans doute avoir perdu car, dans ce village, le miroir était une chose absolument inconnue. L’homme ramasse donc cette chose, la regarde et se dit :

_ C’est vilain mais ça brille !

Enfin, il emporte le miroir chez lui et le range dans ses affaires. Mais sa femme, qui était indiscrète, y fouillait régulièrement. Elle trouve donc le miroir et s’affole ! Qui est cette femme aux yeux humides et brillants ? En pleurs, elle court chez sa mère :

_ Regarde maman, regarde, mon mari me trompe ! Vois l’image de cette femme qu’il cache dans ses affaires !

La mère prend aussitôt le miroir, le scrute et répond :

_ Ne t’inquiète pas, ma fille, il s’en lassera vite. C’est une vieille. 

 

Extrait de " CONTES DES SAGES ET FOUS AMOUREUX " Jean-Jacques FDIDA

:-)

 

 

 

Une histoire de renard...

En fait, j'ai écrit la suite d'une histoire d'un renard qui s'ennuyait dans la forêt et voulait avoir des amis dans une ferme de proximité. Le titre est: Le renard qui voulait devenir meilleur. ;-)... Je n'ai pas le début de cette histoire, en fait, il promit d'être sage comme une image- c'est Vous dire- !

 

http://www.bfmtv.com/i/580/290/348038.jpg

 

"Enfin, il le fut quelques temps…

Les rayons du soleil commençaient à s’étirer sur la cour, Jean-Marie et Christine n’allaient pas tarder à revenir- c’est ainsi que s’appelaient le fermier et sa femme- .

Il fut convenu que le renard ne se montrerait pas quand ils seraient à la ferme. Pas trop commodes ces deux là !

Le cheval l’emmena donc  se cacher dans sa propre litière.

La poulette rousse qui n’était pas rassurée du tout par la présence du goupil- la favorite du coq- s’excusa et salua le petit groupe suivie par une douzaine de poussins jaune-doré et un petit tout noir. Romuald se sentit très fier et poussa un cocorico d’orgueil !

-Il est l’heure de coucher les enfants dit-elle, bonne soirée à vous tous.

La conversation se poursuivait. Edmond, le cochon demanda :

-          Que va t-il manger ?

-          Il trouvera bien quelques musaraignes et mulots derrière le hangar à blé, suggéra  Sidonie, la plus grosse des oies.

-          Je lui dirai ce soir, ajouta le cheval

Pendant ce temps, Renard s’étirait dans la paille mais n’arrivait pas à s’assoupir tant la faim lui tiraillait l’estomac. Tout à coup, un courant d’air lui amena un fumet délicieux qui lui chatouilla les narines. Pas de doute cette odeur venait du bout de l’écurie. Il se faufila vers la porte et le loquet n’eut aucun secret pour lui. Il ne savait où donner du nez, deux jambons et une dizaine de saucissons se balançaient. Il s’élança, attrapa un saucisson, s’en régala, se pourlécha les babines et retourna dans la litière sans oublier de refermer soigneusement la porte. Il ne tarda pas à  s’endormir profondément.

Dans la cour, Edmond présidait toujours la séance quand ils entendirent le moteur de la voiture des fermiers. Ils se dispersèrent pour ne pas donner l’éveil.

Grâce aux provisions du cellier, cette belle vie dura deux bonnes semaines et le rusé goupil ne se donnait même pas la peine de chasser les souris ! Et puis, il restait encore un quart de jambon.

Puis ce fut le drame, quand Jean-Marie vint chercher un saucisson, il se mit à hurler, il hurlait tel un fou. Christine accourut et devant le spectacle cria et s’empourpra, c’était horrible à voir et à entendre. Les animaux étaient effrayés par les cris et le renard qui n’avait jamais vu d’humains d’aussi près était épouvanté et se terra le plus qu’il le pouvait sous la paille.

Deux jours passèrent…, les animaux de la ferme se réunirent. L’on prit Edmond pour responsable de l’affaire des saucissons et jambons et l’on décida de chasser le renard qui avait menti, car personne n’avait vu  ses allers et retours dans le cellier. La petite poule rousse ne cacha pas sa joie…

Le renard qui avait  tout entendu, ne se fit pas prier pour déguerpir avant qu’on le lui dise.

EPILOGUE

Le mois suivant, dans un bois voisin de la ferme, notre renard rencontra une renarde qui lui donna trois beaux renardeaux. Il devint le meilleur des pères de famille !

http://cyberechos.creteil.iufm.fr/cyber15/Environ/renard/renardeaux.jpg

Le mois suivant, les fermiers tuèrent le cochon, jambons et saucisses furent de nouveau mis à sécher. Une vie paisible reprit à la ferme."

http://les.serviettes.de.ibe.pagesperso-orange.fr/vache%20cochon%20poule%20etc2%20.jpg

 

 

:) :) :)...