PRINTEMPS de Paul ELUARD...

Paul Éluard, Montlignon

 

Peintre : Philippe Tavera

 

PRINTEMPS  

 

Il y a sur la plage quelques flaques d’eau
    Il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux
    La neige fond dans la montagne
    Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
    Que le pâle soleil recule

    C’est par un soir d’hiver dans un monde très dur
    Que je vis ce printemps près de toi l’innocente
    Il n’y a pas de nuit pour nous
    Rien de ce qui périt n’a de prise sur toi
    Et tu ne veux pas avoir froid

    Notre printemps est un printemps qui a raison.

 

Paul ELUARD

 

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AVRIL- Gérard de Nerval-

 

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Avril

 

Déjà les beaux jours, - la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; -
Et rien de vert : - à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
- Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

Gérard de Nerval, Odelettes

 

 

 

 

La nuit- Claude ROY-

 

 

La nuit

 

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit 

A pas de vent de loup de fougère et de menthe 

Voleuse de parfum impure fausse nuit 

Fille aux cheveux d’écume issue de l’eau dormante

 

 

Après l’aube la nuit tisseuse de chansons 

S’endort d’un songe lourd d’astres et de méduses 

Et les jambes mêlées aux fuseaux des saisons 

Veille sur le repos des étoiles confuses

 

 

Sa main laisse glisser les constellations 

Le sable fabuleux des mondes solitaires 

La poussière de Dieu et de sa création 

La semence de feu qui féconde les terres

 

 

Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit 

A pas de vent de mer de feu de loup de piège 

Bergère sans troupeau glaneuse sans épis 

Aveugle aux lèvres d’or qui marche sur la neige.

 

 

Claude Roy

 

 

Les Rêves

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http://legeekcestchic.eu/michal-karcs-lartiste-qui-transforme-ses-reves-en-realite/

 

 

Les  Rêves

Le visage de ceux qu'on n'aime pas encor
Apparaît quelquefois aux fenêtres des rêves,
Et va s'illuminant sur de pâles décors
Dans un argentement de lune qui se lève.

Il flotte du divin aux grâces de leur corps,
Leur regard est intense et leur bouche attentive ;
Il semble qu'ils aient vu les jardins de la mort
Et que plus rien en eux de réel ne survive.

La furtive douceur de leur avènement
Enjôle nos désirs à leurs vouloirs propices,
Nous pressentons en eux d'impérieux amants
Venus pour nous afin que le sort s'accomplisse ;

Ils ont des gestes lents, doux et silencieux,
Notre vie uniment vers leur attente afflue :
Il semble que les corps s'unissent par les yeux
Et que les âmes sont des pages qu'on a lues.

Le mystère s'exalte aux sourdines des voix,
A l'énigme des yeux, au trouble du sourire,
A la grande pitié qui nous vient quelquefois
De leur regard, qui s'imprécise et se retire...

Ce sont des frôlements dont on ne peut guérir,
Où l'on se sent le coeur trop las pour se défendre,
Où l'âme est triste ainsi qu'au moment de mourir ;
Ce sont des unions lamentables et tendres...

Et ceux-là resteront, quand le rêve aura fui,
Mystérieusement les élus du mensonge,
Ceux à qui nous aurons, dans le secret des nuits,
Offert nos lèvres d'ombre, ouvert nos bras de songe.

Anna de Noailles

Recueil : Le coeur innombrable

Décor et récital pour une fourmi et une cigale...

 

 

Décor pour illustrer une récitation interprétée par des élèves de CE2/CM1

"LA CIGALE ET LA FOURMI"

188X120

 

Je me suis inspirée de cette oeuvre de Calvet-Rogniat*

*Calvet-Rogniat, vers 1950 ; illustrateur bien connu pour les belles images que remettaient nos  instituteurs aux bons élèves lorsqu'ils avaient acquis 10 bons points (tarif normal).

Famille orignaire de Salles-Curan (Aveyron)

 

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Cette fable est la première du premier recueil (124 fables, divisées en 6 livres) paru en mars 1668. Ce recueil est dédié au Dauphin, le fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse, alors âgé de 6 ans et demi. La dédicace est en prose, suivie de la Préface au lecteur, de la traduction libre de la "Vie d'Esope", et se termine par un compliment en vers reprenant et résumant l'essentiel de la dédicace en prose.
"Ainsi ces fables sont un tableau où chacun de nous se trouve dépeint"
"Je chante les héros dont Esope est le père"....sont des extraits célèbres de cette dédicace.

Fable,  Jean de La Fontaine, 
La Cigale et la Fourmi  Livre I,  1

 

LA CIGALE ET LA FOURMI (*)

La Cigale, ayant chanté
                  Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau (1).
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'août (2), foi d'animal,
Intérêt et principal.
La Fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut (3).
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse (4).
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez ? j'en suis fort aise :
Et bien ! dansez maintenant.

 

(*) sources : "le canevas de départ pouvait être fourni au poète à la fois par l'apologue original d'Esope et par la version qu'en propose Aphtonius, qui figurent l'une et l'autre, avec leur traduction latine, dans le recueil de Nevelet."
(M.Fumaroli : L.F. Fables, éd. La Pochothèque)


(1) Jean-Henri Fabre (1823-1915) dans ses "Souvenirs entomologiques" relève les erreurs de L.F. concernant la cigale : elle ne dispose pour s'alimenter que d'un suçoir et n'a rien à faire de mouches ou de vermisseaux.
Il y a d'autres fantaisies : La cigale meurt à la fin de l'été et ne peut donc crier famine quand la bise souffle.
La fourmi, qui dort en hiver dans sa fourmilière ne peut l'entendre ; d'autre part, elle est carnivore et n'amasse pas le grain...

 

"La Fontaine est un naturaliste plein de fantaisie, sans souci de la vérité [...]. Mais [...], c'est un peintre animalier de grande valeur." (René Bray Les "Fables" de L.F.)

(2) L'août est la "moisson qui se fait durant le mois d'août" (Richelet)
(3) comprendre qu'elle n'a pas ce défaut : elle est tellement économe que la bienfaisance fait partie du gaspillage.
(4) à l'époque, ce féminin n'est utilisé que dans le burlesque, en riant.

 

Ref :http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/cigale.htm

 

 

 

 

Maintenance

Quelques problèmes de connection, en effet l'Admnistrateur travaille pour migrer ce Blog qui est presque plein...

BON DIMANCHE :-)

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 Merci à Julien pour cette illustration ♥

 

Vestimentaire ....

La voyant nue
au sortir de la douche
Il lui dit : « vous avez
une robe bien jolie,
mais, tournez-vous,
j’ai cru y voir un pli »
Elle lui répondit :
« N’y touchez pas, je vous prie
c’est une robe que l’on m’a prêtée
lorsque je suis née …
je vais donc m’allonger
pour la repasser »…

Fany

Dis-moi Maman...

 

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Jolie Photo trouvée sur le Net  :-)

 

Inconditionnel

 

Le je t’aime là est sans détours,

Il est, ou n’est pas, ne se sera pas

C’est un mot incendiaire

Il risque de brûler et de tout consumer sur son passage

 

Est-ce que mon je t ‘aime est  à l’inconditionnel ?

 Tu sais maman

Dis-moi

 

D’un amour qui ne voit  que l’horizon

Où le regard ne peut que  sonder

Comme sur le rivage

Et n’en connait la profondeur

 

Inconditionnel

Comme certains aiment Dieu

Tu sais maman

Dis-moi

 

Si oui, si cet amour est inconditionnel

DIS-moi MAMAN

Qu'il est vrai

 

Fany

 

 

SAISONS...

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SAISONS

 

 

Des persiennes qui laissent filtrer l’été

 

Deux corps en automne

 

Un grand lit blanc comme l’hiver

 

Et un même cœur de printemps

 

 

FANY

J'avais un ami ...

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J'avais un ami ...

 

 

 

J’avais un grand ami précieux

 Auprès duquel j’oubliais ma triste enfance

J’avais un grand ami aux yeux lumineux

Qui compensait ce manque de chance

 

J’avais des gestes d’élégances

Ce qui sied à la femme ou l’homme heureux

Un parfum aux mille flagrances

Senteurs de fleurs nectar des Dieux

 

J’avais pour lui tant de prévenances

 Que je m’oubliais beaucoup plus qu’un peu

De mes paroles de mes regards et de ma bienveillance

Qui attisaient ce menu bois il fit un grand feu

 

J’avais un grand ami précieux

Auquel j’avais donné toute ma confiance

Il m’a quitté sans au revoir ni même adieux

Sans indulgence dans le silence et l'indifférence...

 

 

Fany

 

citations amitié

 

 

 

Aristote écrivit ceci:

"Celui qui n'est plus ton ami ne l'a jamais été."